Désigner un bouc émissaire.

 

Face à ces situations d'angoisse diffuse les acteurs sociaux et politiques, par leurs discours et leurs actions, prennent en charge les émotions collectives associées à ce traumatisme de masse.

Le premier ressort de leur rhétorique consiste à transformer l'angoisse collective, qui s'est plus ou moins propagée dans la population, en un sentiment de peur intense à l'égard d'un ennemi imaginaire dont ils vont dépeindre toute la dangerosité. L'angoisse et la peur ne sont pas, en effet de même nature. Le propre de l'angoisse est d'être diffuse, voire insaisissable, tandis que les causes de la peur sont davantage nommables et donc identifiables. Tout se passe comme s'il s'agissait alors de "coaguler" cette angoisse sur un "ennemi" auquel on donne un visage concret. Dés lors, cette peur difficile à comprendre, à canaliser, trouve un réceptacle qui présente un grand avantage: il n' y a pas à se remettre en question.

A partir de cette "transmutation" de l'angoisse larvée en une peur concentrée sur une "figure" hostile, la haine se développe contre cet "Autre" malfaisant. Plus grande sera la haine, plus faible sera la peur. Car c'est la haine qui naît de la peur et non l'inverse.

L'issue logique de cette dynamique revient à faire émerger dans la société le désir de détruire ce qu'on lui désigne comme cause de la peur. Centrer l'attention sur un ennemi à détruire" c'est chercher à se reconstruire  aux dépens de cet "Autre" dangereux.

Certes il ne s'agit encore que de désir mais qui peut être terriblement efficace.

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