La Micheline de 18 h 23         extrait N° 10 page151

 

 

.-Tiens la faim par exemple… nous devons avertir que celle dont on parle n’est pas cette forte envie de manger que nous pouvons tous connaître quelquefois. Ce n’est pas ces douloureuses crampes d’estomac qui vous assaillent quand on saute un ou deux repas, pas plus que ce ne sont les maux de tête et la fatigue qui accompagnent un trop long jeûne. La faim dont on parle… celle qui vient avec des jours et des jours de travail harassant et de minuscules rations de soupe et de pain n’est pas une douleur… c’est une idée fixe ! Elle vous évide le corps, le ronge, l’aspire de l’intérieur pour vous remplir la tête… ce lourd fardeau juché au-dessus du vide que vos épaules ont tant de mal à soutenir.  La faim dont on parle donne le vertige et rend fou !… Elle a justement été pensée et organisée dans ce seul but !… et c’est cela l’inconcevable : elle doit vous enlever toute apparence humaine et vous contraindre à offrir de vous-mêmes une image avec laquelle vos tortionnaires justifient leur haine et leur dégoût avant de vous faire mourir… Elle rend vos corps méconnaissables, décharnés, pourris. Elle vous arrache des cris, des injures. Elle vous pousse à vous battre pour un quignon de pain, une louche de soupe ou quelques épluchures…  La faim dont on parle n’est pas qu’une privation, c’est un poison ! Le venin de ceux qui vous contestent votre humanité et s’arrangent pour se persuader que tout chez vous leur en donne raison…

 

 

Contactez moi !

 

Michel Fabre

 

Téléphone : 07 86 86 71 97  

 

Courriel:

contact@michelfabre.eu

 

Ou contactez moi  via le formulaire de contact dans la page contact