La Micheline de 18 h 23            extrait N° 2 page 40

 

 

Désormais je ne me sentais bien qu’en compagnie de Monsieur Vayssettes. J’aimais l’atmosphère de son atelier, les bruits et les odeurs de métal, de graisse, de bois et de vernis mêlées. J’aimais par-dessus tout me tenir silencieux à le regarder construire ses trains. J’imaginais que cet homme si injustement maltraité par la vie consacrait depuis des années le peu de force dont il disposait à réaliser, dans des dimensions qui lui étaient abordables, un vieux rêve d’enfant. A l’âge où les autres couraient, sautaient, insouciants et joyeux, lui, prisonnier d’un corps de pierre, rêvait de grands voyages aux commandes de locos à vapeurs. Voilà ce qui l’avait tenu et le tenait encore. Voilà ce qui l’avait aidé à supporter ses souffrances, ce corps sans force, repoussant, pétrifié par un mal congénital. Sinon comment survivre s’il n’y avait pas eu le rêve ? Comment supporter ces douleurs insensées qui accompagnaient ses moindres gestes ? Et le regard des autres enfants, comment y faire face ? Les moqueries ? La méchanceté des bien-portants, des forts, de ceux qui peuvent tout ce qui vous est impossible ?

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Michel Fabre

 

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